Plan des mobilités en Île-de-France

Conseil municipal du 18 novembre 2024: L’avis des conseillers municipaux Poissy Demain sur le Plan des mobilités en Île-de-France (https://plan-des-mobilites-idf.fr)

Je commencerai cette intervention par une note positive, le bilan actuel et les 14 axes énumérés dans ce plan sont plus que louables, mais ce sera la seule. 

Force est de constater que le bilan régional et le plan présenté sont loin des urgences sociales et environnementales actuelles.

L’objectif chiffré, n’ambitionne pas plus de déplacement en TC, ou via la marche à pied. Seulement une baisse légère de l’utilisation de la voiture individuelle grâce notamment à l’usage du vélo. Usage du vélo qui est à l’image du manque d’ambition politique régionale puisqu’il est annoncé un triplement des déplacements vélo avec comme base les chiffres de 2019, qui sont déjà moindre que ceux de 2021. Or si nous disposions de chiffres plus récents, nous comprendrions que cet objectif est minime. 

La région accuse un retard considérable en matière de rééquilibrage des modalités de transport, alors que nous subissons des politiques publiques favorisant le routier depuis trop longtemps. Il est urgent de changer de modèle et de mettre un coup d’arrêt à toute nouvelle dépense d’infrastructure routière, à l’image du pont d’Achères héritage du projet du siècle dernier. 

Force est de constater que quand l’ambition politique est là, les choses peuvent avancer et même vite, à l’image des grandes transformations en cours comme à Paris ou dans l’agglomération lyonnaise. 

Au lieu de prendre le virage qu’impose le 21ème siècle, la région et vous-mêmes au sein de GPS&O préférez vous opposer à la première phase de la LNPN, pourtant cruciale pour favoriser la ponctualité et le nombre de trains en Nord-Yvelines. Ce n’est pas en utilisant le budget de GPS&O pour accrocher des bannières contre la LNPN, qu’on résoudra le problème des 2 voies entre Poissy et Verneuil.

Donc non nous ne voterons pas ce plan qui manque cruellement d’ambition.

Les transports en commun profitent de lourds investissements et cela est plus que nécessaire, mais comment expliquer que ce plan n’envisage pas plus de déplacement en TC en 2030. 

Les déplacements en vélo sont sous-évalués et manquent de moyens à l’image du budget alloué par le département et de la CU. C’est pourtant une des meilleures alternatives au véhicules motorisés, y compris pour gérer une partie du flux de logistique ou différentes activités. Et oui le vélo peut permettre aux plus grand nombre de se déplacer mais également de travailler. De nombreuses initiatives permettent la livraison de colis, l’intervention de plombier, des déménagements ou même le transport mortuaire.

La part modale pour les aires urbaines devrait être plutôt de 15% et de 20% pour le cœur d’agglomération.   

Tous les sujets sont abordés et puisque tout le monde ne peut se passer de la voiture, le sujet de l’autosolisme mériterait d’être mieux traité, mais encore une fois aucun d’objectif clair. Pourtant une plateforme avec une application mobile mettant en relation les usagers voulant pratiquer le covoiturage, identifiable de toutes et tous au niveau régional, ne demanderait pas de gros budget, mais pourrait vite répondre à la demande. Cette solution est non seulement un moyen pour réduire le nombre de véhicules sur nos routes, mais également un vecteur de liens social, permet de réduire le budget alloué au transport et à plus long terme permettrait moins de véhicule stationné, libérant de l’espace publique.

L’autopartage est également une alternative, quand on sait que nos véhicules passent la plupart de leur temps stationné et est très gourmand en espace public. Proposer un service public régional serait un gage d’efficacité et encore une fois de visibilité pour l’usager.

Je ne suis pas naïf, je sais bien que les finances des collectivités sont contraintes, les annonces récentes du gouvernement ne vont pas non plus dans le bon sens, mais je sais également qu’un budget est la somme de choix politiques. Je ne peux que regretter les choix passés et futurs de la majorité régionale, qui je le répète encore, ne sont pas à la hauteur des enjeux tout comme l’est la gestion en DSP (Délégation de Service Public) des réseaux de bus.